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Le mot du libraireC'est une contrée qui borde la mer Rouge. Au nord le Soudan, au sud l'Éthiopie. À première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l'Érythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d'indépendance, l'homme s'est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son État comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s'enfuir. Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d'une grande justesse, les Érythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance. Le premier récit sur l'Erythrée, une dictature impénétrable « Amanuel explique qu'on ne choisit pas sa destination. On met de l'argent de côté comme on le peut. Parfois avec l'aide d'un garçon de chambre de Tripoli, d'un éboueur de Belgique, d'un chauffeur de taxi du Maryland - un frère ou un cousin qui est déjà de l'autre côté et qui envoie quelques centaines de dollars. » Certains parviendront à s'évader, d'autres seront tués. Cela se passe en Erythrée, un bras de terre coincé entre le Soudan et l'Ethiopie. Sa capitale : Asmara. Le pays donne sur la Mer rouge. En face, le Yémen et l'Arabie Saoudite. On ne sait rien ou presque de cette dictature, si ce n'est qu'elle est l'une des plus opaques et des plus dures de la planète. Les autorités internationales ne s'y risquent pas. Personne d'ailleurs ne s'y risque. Léonard Vincent est allé à la rencontre de ceux qui en réchappent. En Italie, en Angleterre, en France. Il donne un nom et une existence aux invisibles, à Fana, Biniam, Amanuel, aux autres. Il décrit le pouvoir paranoïaque en place, la guerre pour l'indépendance du pays entre 1961 et 1993, la milice, les rebelles qui tentent parfois un renversement. Un chant d'amour et de révolte écrit avec justesse. Un récit dans la droite ligne des reportages de guerre d'Orwell et d'Hatzfeld. Un livre attendu par les radios (France Inter, RFI.) et la presse (Le Nouvel Observateur.). D'abord journaliste d'investigation à Reporters sans frontières, Léonard Vincent travaille désormais pour Greenpeace. C'est son premier récit littéraire. |
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